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sábado
04. jul 2009
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JOHANN LE GUILLERM: DESEO DE CIRCO, DESEO DE MONSTRUO PDF Imprimir E-Mail
Escrito por Sandrine Ollivier   
lunes, 25 de agosto de 2008
secret-cirque-ici.jpgEntre el 6 y el 26 de julio, un hombre de circo se desplegó por la ciudad del teatro. La carpa no impidió que la hierba creciera sobre el asfalto del patio del instituto Mistral. El proyecto múltiple Attractions (Atracciones) nos envolvió en un recorrido por toda la ciudad, estableciendo vínculos entre la iniciación generada por la experiencia del espectáculo vivo (Secret), los divertidos y existenciales enigmas de un pensador-investigador escéptico (Monstration) y la presencia de sus estructuras como otras tantas capillas sin trascendencia y naves sin plano (Arquitecturas en obras). Mediante este recorrido y sus vínculos, este proyecto dejó huella en el paseante del festival de Avignon. Del 15 de agosto hasta el 14 de septiembre, Johann Le Guillerm y Secret estarán en la exposición internacional de Zaragoza. (Artículo bilingüe francés/castellano). 

 


JOHANN LE GUILLERM : DÉSIR DE CIRQUE, DÉSIR DE MONSTRE.

Versión francesa (más abajo, versión castellano)


Du 6 au 26 juillet 2008 un homme de cirque s’est déployé dans la ville du théâtre. Sur le bitume de la cour du lycée mistral, le chapiteau n’aura pas empêché l’herbe de pousser, mais le projet multiple Attractions nous aura amené à cheminer dans la ville, à faire des liens entre l’initiation secrétée par l’expérience du spectacle vivant (Secret), les énigmes drolatiques et existentielles d’un penseur-chercheur sceptique (Monstration) et la présence de ses structures comme autant de chapelles sans transcendance et de navires sans plan (Le Chantier des Architectures). Par ce cheminement et ses liens, il aura produit sa trace chez le chaland du festival d’Avignon.

Johann Le Guillerm est sorti en 1988 de la première promotion du centre national des arts du cirque dont la création en 1985 marquait une volonté de renouveau du cirque et un métissage avec les arts de la scène. Après les expériences collectives du Cirque Archaos, de la Volière Dromesko et du Cirque O, il fonde son propre cirque Le Cirque Ici en 1994 et monte son premier solo en 1996 Où çà ?.

C’est l’acte de naissance d’un centaure, seul en piste, torse nu, pieds entravés, qui utilise les objets déchus, entreprend de les soumettre dans des épreuves lentes, incertaines et dérisoires ou de les assembler dans des machines cycliques qui branchent le corps de l’artiste à la logique du phénomène : je fais mon solo des phénomènes dit-il.

                     secret_2.jpg

Les numéros ne constituent pas de dramaturgie narrative, mais participent à la même exploration fonctionnelle et existentielle. Ils produisent des images qui peuvent se nouer, s’enseigner, s’échapper en solitaire : un imaginaire ouvert, une poétique et une esthétique comme de surcroît. Le centaure n’est pas un personnage, mais la face cachée de l’artiste produit par le dispositif visuel de l’espace de la piste. En effet des fondamentaux du cirque Le Guillerm conserve le cercle de la piste qui détermine un regard et un désir : parce que le regard circulaire constitué par l’ensemble des points de vue du public est un regard sans limites, il est un désir de monstre.

Le Guillerm fait remonter son désir de cirque à la prise de conscience de la limite imposée au regard par l’œil : voir comme si l’on avait des yeux au bout de doigts, abattre l’invisible comme les doigts du sculpteur qui voit la forme dans la matière.

L’homme en piste s’offre comme objet à ce désir de monstre. La limite du regard s’est déplacée : elle secret_3.jpgs’inscrit sur le corps de l’artiste qui se trouve entravé, aveuglé, infligé. Chaque numéro invente une manière d’advenir comme sujet à cette place-là du dispositif. Ici le geste de la performance perd l’éclat, l’éblouissement de l’exploit et de l’illusion. Il ne s’agit pas de réitérer la séparation du public d’avec les freaks mais bien d’établir un champs de tension désirante où le public est convoqué à reconnaître, expérimenter son monstre et sa condition existentielle. Qu’il tombe ou qu’il soit vainqueur l’homme est toujours obstiné et dérisoire. Si l’attraction se décline comme un désir de monstre dans le champ du regard, par la polysémie, elle est aussi le lien avec la Terre et sa loi.

Attractions, second projet de Le Guillerm, se met en mouvement en 2001 après un tour du monde et un tour sur soi : parti à la rencontre des pratiques minoritaires des traumatisés, il revient avec un questionnement sur le point, le plus petit commun et l’ambition d’un alphabet universel qui serait produit par la contrainte du lien à la Terre et ses lois invisibles.

À partir de sa position réfractaire à tout savoir transmis (j’ai une formation de cancre dit-il), il va élaborer un savoir avec sa propre langue (sa propre tonalité monocorde, une langue qui produit des noms pour ses expériences qui elles-mêmes produisent des traces, des mouvements, des engendrements) et avec sa propre méthode (n’accepter aucune séparation de la pensée d’avec l’objet, penser avec le corps). Il s’agit de produire une connaissance des lois invisibles du mouvement : pour exemple La Motte un objet de cirque, une sphère qui se meut mais selon quelles lois invisibles ? par une animation interne (à l’imagination lamottetaillerc3a9elle1.jpgmécaniste, écologiste ou animiste), par la loi de sa trace qu’elle suit fidèlement ou par la logique de sa structure ? Devant l’objet au croisement de nos rationalités nous ne pouvons trancher, juste expérimenter ce que Le Guillerm appelle le traumatisme du lien à la Sphère que nous continuons crédules à dénier.

Monstration est l’installation de son atelier des expériences sur le point, où la pensée est sauvée du « tourner en rond » sur elle-même par ce tour sur lui-même qu’effectue le chercheur. Faire le tour du monde ou du point conduit à faire un tour sur soi et la peau de clémentine à mesurer la frontière de son propre déploiement. Secret le volet vivant du projet confronte le centaure à la logique de ce qui meut. La scène s’offre comme une cage aux fauves avec fouet et filet protecteur mais très vite celui qui pouvait être supposé dompteur s’avère fauve : la démarche entravée par des prothèses d’acier, son corps extendu du talon à la nuque, les doigts eux-mêmes réfractaires à la pesanteur cherchant à rejoindre dans un geste d’intimité et de continuité de soi l’extrémité de la tresse des cheveux. Mais, il n’y a pas d’intimité pour le fauve placé au centre du regard circulaire, le bout de soi ne peut pas échapper.

De cette violence du centre, de cette extension réfractaire surgit un cri. La langue qui assure la continuité entre le dedans et le bord prépare rituellement le cri. Le cri n’a pas de son. C’est un râle du centre du fauve, de son désir de soumettre les points de vue. L’homme extendu qui souffle son cri va explorer l’invisible des lois des objets qui se meuvent et par là même reconstruire son ombre perdue.

Son mode d’exploration : faire corps avec l’objet pour en subir la loi invisible (comme quand il entre à secret6_zoom.jpgl’intérieur des bassines tournoyantes engagées dans une course autour de la piste), tout en donnant l’illusion que son intimité avec ces lois procède de la force d’attraction de son désir sur l’objet (quand le rouleau d’un alphabet célibataire se déroule avec lenteur, c’est son cri qui produit l’empressement du rouleau à achever son dépliement).

Quand le savoir déboule sans fin sur la piste sous la forme de livres apportés par des machines aux mâchoires animées, quand un simple crayon est l’occasion d’une révolte contre l’usage, alors se construit et persévère une pratique minoritaire qui aboutit à une image ironique et poétique : l’arche du savoir propulsé par l’hélicoïde du crayon auquel le corps de l’artiste sert de clé de voûte.

Les machines animées par la dynamique des fluides, sable ou vent, incorporent le corps de l’artiste : elles inventent des puissances comme la machine à chevaucher le tonnerre, ou réinventent des potentialités perdues. Au centre du regard circulaire, il n’a ni ombre ni altérité : la machine propulsée par le vent éclaire à la bougie une unique figure de fil de fer, se faisant projète un accouplement comme le mirage de l’altérité perdue.

Les machines produisent des images qui vont quitter le dompteur : la logique de planches de bois s’appuyant et se renversant va s’élever en trapéziste solitaire. Une tornade de poussière va donner à voir la vacuité du centre. Elle effraie le dompteur mais l’enseigne.

À sa manière, le dompteur va expérimenter le savoir de la veloute et celui de la trapéziste et engager son corps dans une construction spiralée qui va l’excentrer jusqu’au point d’équilibre, point de tension entre l’attraction du centre, de la pesanteur et l’appel de la verticalité. Dans un temps infini, nous, les points de vue, nous succomberons à l’attraction de cette machine désirante, nous serons alors domptés.

Par l’exploration de ce qui meut, l’homme s’est trouvé excentré et le centre creusé. Le centre ainsi libéré du désir monstre peut s’évider, s’élever et l’obstination de l’homme produire dans la sueur, le déséquilibre, la tension des matériaux et des nœuds, sans plan préalable et donc à chaque fois autre à elle-même, une spirale auto-portée, une structure spirituelle produite par l’expérience du cirque.

Sandrine Ollivier

Du 15 août au 14 septembre, Johann Le Guillerm et secret seront à l’exposition internationale de Saragosse.

 

 

JOHANN LE GUILLERM: DESEO DE CIRCO, DESEO DE MONSTRUO

Versión en castellano

 

Entre el 6 y el 26 de julio, un hombre de circo se desplegó por la ciudad del teatro. La carpa no impidió que la hierba creciera sobre el asfalto del patio del instituto Mistral. El proyecto múltiple Attractions (Atracciones) nos envolvió en un recorrido por toda la ciudad, estableciendo vínculos entre la iniciación generada por la experiencia del espectáculo vivo (Secret), los divertidos y existenciales enigmas de un pensador-investigador escéptico (Monstration) y la presencia de sus estructuras como otras tantas capillas sin trascendencia y naves sin plano (Arquitecturas en obras). Mediante este recorrido y sus vínculos, este proyecto dejó huella en el paseante del festival de Avignon.

En 1988 Johann Le Guillerm sale de la primera promoción del Centro Nacional de las Artes Circenses cuya creación en 1985 marcaba una voluntad de renovación del circo buscando el mestizaje con las artes escénicas. Tras las experiencias colectivas del circo Archaos, de la Volière Dromesko y del Circo O, Le Guillerm funda su propio circo Le Cirque Ici en 1994, con el que crea su primer solo Où çà ? en 1996.

Éste es el acta de nacimiento de un centauro que solo en pista, torso desnudo y pies trabados, utiliza objetos en desuso tratando de someterlos mediante pruebas lentas, inciertas e irrisorias o armándolos en máquinas cíclicas que conectan su cuerpo de artista a la lógica del fenómeno: hago mi solo de los fenómenos, como él afirma. 

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Sus números, sin constituir una dramaturgia narrativa, participan de la misma exploración funcional y existencial: producen imágenes que pueden ligarse, enseñarse, escaparse en solitario; un imaginario abierto, y como por añadidura, una poética, una estética.

El centauro no es un personaje, sino la cara oculta del artista generada por el dispositivo visual del espacio de la pista.

En efecto, de los fundamentos básicos del circo, Le Guillerm conserva el redondel de la pista que determina una mirada y un deseo: porque la mirada circular que constituye el conjunto de los puntos de vista del público es una mirada sin límites, es un deseo de monstruo.

El deseo de circo de Le Guillerm surge de la toma de conciencia de los límites impuestos por la mirada ocular: ver como si tuviéramos ojos en la punta de los dedos, derrumbar lo invisible como los dedos del escultor que ya ven la forma en la materia.

El hombre en la pista se ofrece como objeto a este deseo de monstruo. Los límites de la mirada se han desplazado: se inscriben en el cuerpo del artista que se encuentra trabado, cegado, infligido. Cada secret_3.jpgnúmero inventa una manera de advenir como sujeto en este preciso lugar del dispositivo. Aquí el gesto de la performance pierde el brillo, el resplandor de la hazaña y de la ilusión. No se trata de reiterar la separación del público con los freaks sino de establecer un campo de tensión deseante donde se invita al público a reconocer, a experimentar su monstruo y su condición existencial. Caiga, o salga vencedor, el hombre siempre es obstinado e irrisorio.

Si la atracción se declina como un deseo de monstruo en el campo de la mirada, por su propia polisemia, también representa el vínculo con la Tierra y su ley.

Attractions, segundo proyecto de Le Guillerm, se pone en movimiento en 2001 después de una vuelta al mundo y de sí mismo: lanzándose al encuentro de las prácticas minoritarias de los traumatizados, el artista vuelve con un cuestionamiento sobre el punto, el denominador común más pequeño y la ambición de un alfabeto universal que sería producido por la coaccion del vínculo a la tierra y a sus leyes invisibles.

Partiendo de su postura refractaria a todo saber transmitido (tengo una formación de vago, dice), Le Guillerm va a elaborar un saber con su propia lengua (su propia tonalidad monocorde, una lengua que produce nombres para sus experiencias que a su vez producen huellas, movimientos, engendros) y con su propio método (no aceptar ninguna separación entre pensamiento y objeto, pensar con el cuerpo). Se trata de producir un conocimiento de las leyes invisibles del movimiento: por ejemplo La Motte (el terruño) un objeto de circo, una esfera que se mueve pero ¿según qué leyes invisibles? ¿Por una animación interna (de imaginación mecanista, ecologista o animista), por la ley de su huella que sigue fielmente o por la lógica de su estructura? Imposible responder frente a este objeto en la encrucijada de nuestras racionalidades, sólo lamottetaillerc3a9elle1.jpgpodemos experimentar lo que Le Guillerm llama el traumatismo del vínculo a la esfera que  como crédulos, seguimos denegando.

Monstration constituye una instalación en torno a su taller de experiencias acerca del punto, donde el pensamiento se libra de dar vueltas sobre sí mismo gracias a la vuelta alrededor de sí mismo que realiza el propio investigador. Dar la vuelta al mundo o al punto conduce a dar la vuelta a sí mismo y lleva a la piel de clementina a medir la frontera de su propio despliegue.

Secret, el apartado vivo del proyecto confronta el centauro con lo lógica de lo que induce el movimiento.

La escena se ofrece como una jaula de fieras con látigo y red protectora pero muy rápidamente el que en un principio podía verse como domador resulta ser fiera: el andar trabado por prótesis de acero, el cuerpo extendido del talón hasta la nuca, los dedos sí mismos refractarios a la gravidez tratando de alcanzar en un gesto de intimidad y de continuidad de sí mismo la extremidad de la trenza de cabello.

Pero, no cabe la intimidad para la fiera colocada en el centro de la mirada circular, el extremo del ser no puede escapar.

De esa violencia del centro, de esa expansión refractaria surge el grito. La lengua que asegura la continuidad entre el dentro y el borde prepara ritualmente el grito. El grito no tiene sonido. Es un estertor que nace del centro de la fiera, de su deseo de someter los puntos de vista. El hombre extendido que sopla su grito va a explorar lo invisible de las leyes de los objetos que se mueven y así mismo reconstruir su sombra perdida. Su modo de exploración: hacer cuerpo con el objeto para someterse a su ley invisible (como cuando entra dentro de los barreños giradores lanzados en una carrera alrededor de la pista), dando al mismo tiempo la ilusión que su intimidad con estas leyes procede de la fuerza de atracción de su secret6_zoom.jpgdeseo sobre el objeto (cuando el rollo de un alfabeto soltero se desenrolla con lentitud, es su grito el que produce el ahínco del rollo en acabar su despliegue).

Cuando el saber irrumpe sin fin en escena bajo la forma de libros aportados por máquinas de mandíbulas animadas, cuando un simple lápiz es el motivo de una revuelta contra el uso, entonces se construye y persevera una práctica minoritaria que desemboca en una imagen irónica y poética: el arca del saber propulsado por la helicoide del lápiz donde el cuerpo del artista sirve de piedra de toque.

Las máquinas animadas por la dinámica de los fluidos, arena al viento, incorporan el cuerpo del artista. Inventan potencias como la máquina de cabalgar el trueno, o reinventan potencialidades perdidas. En el centro de la mirada circular, no hay ni sombra ni alteridad: la máquina propulsada por el viento alumbra con luz de vela una única figura de alambre, proyectando un acoplamiento como el espejismo de la alteridad perdida.

Las máquinas producen imágenes que van a abandonar al domador: la lógica de las tablas de madera apoyándose y volviéndose va a elevarse como trapecista solitario. Un tornado de polvo dando a ver la vacuidad del centro. Espanta al domador pero ensañándole.

A su manera, el domador va a experimentar el saber de la voluta. Y el de la trapecista e involucrar su cuerpo en una construcción en espiral que va a excentrarle hasta el punto de equilibrio, punto de tensión entre la atracción del centro, de la gravidez y la llamada de la verticalidad. En un tiempo infinito, nosotros, los puntos de vista, sucumbiremos a la atracción de esta máquina deseante, seremos entonces domados. Por la exploración de lo que mueve, el hombre ha acabado encentrado y el centro cavado. El centro así liberado del deseo monstruo puede vaciarse, elevarse y el empeño del hombre producir en el sudor, el desequilibrio, la tensión de los materiales y los nudos, sin plan previo y por tanto cada vez extraña a sí misma, una espiral auto-sostenida, una estructura espiritual producida por la experiencia del circo.

Sandrine Ollivier

Del 15 de agosto hasta el 14 de septiembre, Johann Le Guillerm y Secret estarán en la exposición internacional de Zaragoza.

Leer también a propósito del Festival de avignon, el artículo: DANZA. NACERA BELAZA /SERGE ADAM: ENTRE MINIMALISMO PURITANO Y LIRISMO DESBOCADO


 

 

 
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